Exemple d'étude de marché, section par section
Un exemple réellement rempli, pas un plan vide — plus le modèle à télécharger et la liste des sources gratuites à citer.
Mis à jour le 27 juillet 2026 · 11 min de lecture
La plupart des exemples d'étude de marché qu'on trouve en ligne sont des plans vides : une liste de titres avec « décrivez votre marché ici » en dessous. Ce n'est pas un exemple, c'est un sommaire. Ce qui suit est une étude réellement remplie, pour un projet fictif mais réaliste — une application de devis mobile pour artisans du bâtiment — afin que tu voies ce qu'on écrit dans chaque section, à quelle longueur, et avec quel type de preuve.
⬇ Télécharger le modèle vierge (Markdown, gratuit)
Les six sections, et à quoi sert chacune
Une étude de marché existe pour répondre à une seule question : y a-t-il un marché, et puis-je l'atteindre ? Tout ce qui ne sert pas cette question est du remplissage. Six sections suffisent.
- Le marché — ce qu'il recouvre, sa taille, sa direction.
- La demande — qui achète, en quels segments, pourquoi, à quelle fréquence.
- La concurrence — qui vend déjà, à quel prix, et ce qu'il sert mal.
- L'environnement réglementaire — agréments, normes et obligations qui conditionnent l'activité.
- Le positionnement tarifaire — ce que le marché accepte de payer, et où tu te places.
- La conclusion chiffrée — ton hypothèse de chiffre d'affaires et le nombre sur lequel elle repose.
Une règle traverse tout le document : chaque affirmation porte sa source et sa date. Un chiffre sans émetteur ne peut pas être vérifié et vieillit en silence — et un banquier le repère immédiatement.
1. Le marché
Définis le périmètre avant la taille, sinon la taille ne veut rien dire. « Le marché du bâtiment » n'est pas un périmètre ; « les artisans du bâtiment de moins de cinq salariés, en France, sur des travaux de rénovation » en est un.
Exemple. Le périmètre couvre les entreprises du bâtiment de moins de cinq salariés. D'après le registre national des entreprises, ce segment représente la grande majorité des entreprises du bâtiment enregistrées, et son effectif progresse régulièrement depuis cinq ans, porté par les immatriculations de micro-entrepreneurs. Direction : stable à en hausse. Source : institut national de la statistique, série sectorielle, consultée en juillet 2026.
Où le trouver, gratuitement : les instituts statistiques nationaux, les fédérations professionnelles (qui publient des dimensionnements pour justifier leur propre existence), et les registres officiels d'entreprises.
2. La demande
C'est la section que tout le monde survole, et la seule qui prédise quelque chose. Tu ne décris pas une population : tu décris un comportement — ce que ces gens font déjà face au problème, et ce que ça leur coûte.
Exemple. Trois segments apparaissent. (a) Les artisans seuls qui rédigent leurs devis le soir sur un ordinateur portable et perdent des chantiers à cause du délai — la douleur la plus vive, le budget le plus faible. (b) Les entreprises de deux à cinq personnes où une personne fait l'administratif à temps partiel — un vrai budget, un outil existant dont elles se plaignent. (c) Les entreprises déjà équipées d'un ERP complet — hors cible. Preuves : Google Autocomplete renvoie « application devis artisan », « modèle de devis bâtiment », « logiciel devis artisan prix » ; la troisième formulation porte un marqueur commercial, ce qui indique une intention d'achat et pas seulement de la curiosité.
Sources gratuites pour cette section : les requêtes de recherche (Autocomplete et l'encadré « Autres questions posées »), les forums et groupes de métier où la plainte est exprimée spontanément, et les avis sur les outils existants — les avis une étoile sont une étude de la demande écrite par tes futurs clients. Voir analyser la demande d'un produit.
3. La concurrence
L'objectif ici n'est pas de prouver que tu es seul. C'est de prouver que le marché paie, puis de trouver le segment mal servi. Un paysage concurrentiel vide est une mauvaise nouvelle, pas une bonne.
Exemple. Quatre catégories de concurrents. Les ERP complets (prix élevé, installation longue, visant des structures plus grandes), les outils de facturation généralistes (peu chers, non spécifiques au métier, inutilisables sur un chantier), les modèles de tableur (gratuits, le véritable acteur en place), et le fait de ne rien faire. Les prix publics s'échelonnent de 0 à 80 € par mois. Le manque identifié : l'usage mobile sur chantier, avec les mentions obligatoires intégrées. Sources : pages tarifaires publiques des éditeurs, consultées en juillet 2026.
N'oublie pas les deux concurrents que tout le monde omet : le tableur et le fait de ne rien faire. Ils gagnent bien plus souvent que n'importe quelle startup financée. Lis mon idée de business existe déjà pour retourner ce constat à ton avantage.
4. L'environnement réglementaire
Sauter cette section, c'est ainsi que des projets meurent au sixième mois. Elle est courte, mais c'est celle qui peut tout arrêter.
Exemple. Un devis remis à un particulier doit porter des mentions obligatoires (identité de l'entreprise, assurance, traitement de la TVA, durée de validité, conditions de rétractation). Un devis non conforme est inutilisable : la conformité est donc une exigence produit, pas une fonctionnalité. Des données personnelles des clients de l'artisan sont traitées, ce qui place le produit sous obligations de protection des données en qualité de sous-traitant.
5. Le positionnement tarifaire
Le prix n'est pas décidé par tes coûts. Il est décidé par ce que le marché paie déjà et par ce que ton client évite de perdre.
Exemple. L'ensemble de comparaison va de 0 € (tableur) à 80 € par mois (ERP complet). Un seul chantier gagné grâce à un devis plus rapide vaut de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros. Un positionnement à 19–29 € par mois place le produit au-dessus de l'option gratuite et bien en dessous de l'ERP, avec un argument de retour sur investissement qui tient en une phrase : un chantier sauvé paie une année.
6. La conclusion chiffrée
Termine par un nombre et l'hypothèse sur laquelle il repose. Si tu ne peux pas écrire ce paragraphe, l'étude était de la documentation, pas une décision.
Exemple. Cible atteignable : les artisans seuls et les petites entreprises du bâtiment sur le segment rénovation. Hypothèse : un lancement concentré sur deux corps de métier, avec un taux de conversion sur trafic qualifié à mesurer plutôt qu'à supposer. À 24 € par mois, atteindre un chiffre d'affaires mensuel donné exige un nombre précis de comptes payants — c'est ce nombre, et non la taille du marché, qu'il faut tester en premier. L'hypothèse la plus risquée n'est pas que le marché existe : c'est que ces clients changent d'outil, tout simplement.
Ce qu'une étude de marché ne fait pas
Elle prouve qu'un marché existe. Elle ne prouve jamais que quelqu'un achètera chez toi. C'est sur cette distinction que la plupart des projets perdent un an. Une fois l'étude écrite, l'étape suivante n'est pas une meilleure étude : c'est un engagement réel d'une personne réelle — teste l'idée avec une landing page et fixe le seuil de succès avant de regarder les résultats.
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Questions fréquentes
Que contient une étude de marché ?
Six sections. Le marché : ce qu'il recouvre, sa taille et sa tendance. La demande : qui achète, en quels segments, pour quelle raison et à quelle fréquence. La concurrence : qui vend déjà, à quel prix, et ce qu'il sert mal. L'environnement réglementaire : agréments, normes et obligations qui conditionnent l'activité. Le positionnement tarifaire : ce que le marché accepte de payer et où tu te places. Et une conclusion chiffrée : ton hypothèse de chiffre d'affaires et le nombre sur lequel elle repose.
Comment rédiger soi-même une étude de marché ?
Pars de la demande, pas du marché. Collecte les requêtes réellement tapées, les plaintes postées en communauté et les prix déjà pratiqués par les vendeurs existants — ces trois sources ne coûtent rien et sont spécifiques à ta niche. Ajoute ensuite les statistiques publiques pour les chiffres de cadrage, et écris chaque affirmation avec sa source et sa date. Une étude courte avec des chiffres sourcés vaut mieux qu'une longue bâtie sur des impressions.
Où trouver des données gratuites et fiables pour une étude de marché ?
Les instituts statistiques nationaux pour les données sectorielles et démographiques, les fédérations professionnelles pour le dimensionnement du marché, les registres officiels d'entreprises pour le nombre de concurrents et parfois leurs comptes déposés, Google Trends pour la courbe de tendance, et Google Autocomplete pour la formulation réelle de la demande. Tout cela est gratuit. Ce qui compte, c'est de citer l'émetteur et la date : un chiffre non attribué vieillit en silence et ne peut pas être vérifié.
Combien de temps prend une étude de marché ?
Une demi-journée pour une première version utilisable si tu t'en tiens aux six sections et aux sources gratuites. Des semaines si tu cherches l'exhaustivité — ce qui est presque toujours une façon de repousser le test. Écris la version courte, identifie l'hypothèse unique sur laquelle repose tout le projet, et va tester cette hypothèse sur le terrain plutôt que de la documenter davantage.
Une étude de marché suffit-elle à valider une idée ?
Non. Une étude de marché prouve qu'un marché existe ; elle ne prouve jamais que quelqu'un t'achètera à toi. Elle réduit le risque de construire dans le vide, mais seul un engagement réel — une pré-commande, un pilote payant, un acompte — prouve la demande pour ton offre en particulier. Traite l'étude comme l'étape de cadrage, et le test terrain comme le verdict.
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